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dimanche, 30 juillet 2006

la vie des objets

les objets
les objets ont une vie
les vieux draps
les couverts aux manches élimés
les chemises aux couleurs passées

les objets simples, usuels
une petite boite posée là
un livre corné

on en retrouve des choses
par les objets
comme une mémoire qui se redonne
toute une époque
une deuxième vie
celle du souvenir
celle du regret

peut-être du remord

ses vieux draps
ça m'a toujours fait mal de dormir dans ses vieux draps
jai imaginé des étreintes échangées hors de moi
des liquides, des fluides corporels
tout un tas d'humeurs quis se sont écoulées, là,
dans ses vieux draps qu'il a ramené un jour
et dans lequels j'ai dormi

le manche en bois de la cuillère
avec laquelle j'ai mélangé les pâtes
le bois est tout doux
râpé, usé par des mains qui l'on tenu
pour préparer des tas de repas
et j'y pense à chaque fois que je m'en sers

sa chemise à carreaux
quand l'a -t-il porté pour la première fois
toute neuve, sortie du magasin
et on lui a dit "comme elle te va bien cette chemise"

peut-être s'est-il baigné avec
endormi dedans
peut-être en a t-on débouté l'échancrure
pour tomber sur ce torse que j'aime
que j'adore
que je comprends

la vie secrète
je veux tout connaître
c'est une maladie
de vouloir tout connaître
tout goûter
tout apprécier
tout connaître

vilaine curieuse
tu t'en mordras les doigts

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mardi, 25 juillet 2006

la pluie enfin

la petite pluie

enfin

aller goûter la mer

le sel

le sable

les petits pieds se rincent dans la flaque

reflets , ongles parmi les algues 

fraîcheur du carrelage

peau brûlée

pommettes rouges

sueur, gouttes qui ruisselent le longs des bras

à l'intérieur des cuisses

 

 tendue  sous le soleil

cependant tout est mou

comme du chocolat qui fond

les heures sont  élastiques

 

ma vraie vie

où est ma vraie vie

ma vraie vie ce n'est pas un corps sous les rayons

ce n'est pas qu'on ballon qu'on lance

un freesbee qu'on attrape pas

un volant dévié par le vent 

 

ma vie

où est ma vie

et pourtant comme c'est bon

de sentir les herbes

comme c'est bon

de jeter à l'eau son corps bouillant

d'ouvrir la fenêtre et de voir la MER

comme c'est bon 

se s'assoir dans la nuit

et d'entendre le bruit de l'étrernité juste là 

qui ne s'arrête jamais

ce mouvement qui était là avant et

qui sera là après

bien après tout le monde

et tous les animaux

 

alors je ferme les yeux

et j'entends les mots en moi se dérouler

pour rejoindre le ressac

terrible et magnifique 

 

 

 

 

lundi, 10 juillet 2006

journée de vent

une journée pour du vent
à fumer
à étouffer dans l'air saturé de la ville
à se traîner le corps dans les pièces de l'appartement
à ouvrir des valises
trouver le linge, remplir la valise
inventaire mental
ne pas oublier ceci
ne pas oublier cela

parce que c'est ça
la veille de prendre la route des vacances
c'est réduire, c'est prévoir la pluie
l'ennui
prévoir la mer
et des "au cas où"
au cas où j'aurais envie de dessiner
(emporter aquarelle et pastels, papier idoine)
au cas où j'aurais envie de lire le livre acheté
il y a des semaines
et qui prend la poussière
posé sur l'étagère
emporter un bijoux d'argent
(au cas où je suis bronzée, ce sera joli)

idem; les médicaments:
prévoir l'allergie improbable,
la fièvre de cheval,
les piqûres affreuses de bêtes jamais croisées

les pochettes, sacs, trousses,
se remplissent
comme par magie
de choses TOTALEMENT INUTILES
absurdes
qu'on emporte SEULEMENT en vacances

et les crèmes
toutes ces crèmes à se tartiner
une pour le visage
une pour le ventre (fesses)
une pour les pieds
(j'aurais que ça à faire, me tartiner)
du vernis à ongles
un spray spécial cheveux (eau- de- mer- soleil- anti-déssechement)

la valise se remplit dangereusement
et j'entends sa voix
qui récrimine dans mon dos:
"je ne plie pas les vêtements de femme...je sais pas le faire à cause des plis de poitrine"

les vêtements de femme... les plis de poitrine...
mais où il va chercher tout ça
tiens je rallume une cigarette pour la peine

il fait trop chaud
et je l'entends râler et râler
c'est normal
il repasse TOUTES MES AFFAIRES (mais ne les plie pas attention)

quand je pense que dans deux jours
on sera à moitié nus
et que tout ce linge bien propre,
bien blanc bien plié
sera en vrac dans un coin

Les vacances.... Ah les vacances...

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samedi, 08 juillet 2006

ballerine

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je n'ai pas peur
je n'ai pas peur

je n'ai pas peur de la vie
pas peur d'aimer
pas peur de me coucher trop tard et d'avoir une tête de papier froissé
pas peur de rouler en scooter dans paris
même si à chaque fois que je monte dessus
je me dis que c'est peut-être la dernière fois
je n'ai pas peur de continuer
malgré les obstacles
malgré l'indifférence
malgré le vide dans lequel on se trouve, parfois

je n'ai pas peur d'écrire
des chansons des textes ce blog
même si je n'ai pas toujours quelque chose de fabuleux à dire

et je n'ai pas peur de dire aux autres que je les aime.

mais en disant tout ça,
je sais que je mens complètement
que dans le fond
je crève de peur
de mourir
qu'il arrive quelque chose à mon fils
de perdre l'homme que j'aime
peur de manquer de tout
un jour
peur d'être vieille
ou pire
trop vieille
peur en haut de la grande roue des Tuileries
et peur quand je sens la violence
tout près
j'ai peur, terrible
avant de monter sur scène
peur de tout oublier
de tomber
d'être bonne à rien

peur d'être prise en photo
c'est pour ça que je mets celle- là
que j'aime bien,
parce qu'on dirait une ballerine
et qu'on dirait une autre que moi
j'ai peur d'emmerder le monde avec mes histoires
peur qu'on ne m'écoute pas
qu'on se moque de moi
voilà

vendredi, 07 juillet 2006

Everest

..... et si le bonheur était le canon de ce pistolet chaud

une balle perdue
qui trouve sur son chemin
des coeurs à percer

et si le bonheur était aussi un sentiment neutre
ni haut ni bas,
une plaine,
une ligne d'horizon

le désespoir, lui, est brûlant
il nous dévaste, nous plie comme des roseaux
il nous étrangle
c'est l'Everest à l'envers

le bonheur ne fait pas de bruit
on s'y couche comme si c'était naturel,
on n'y pense pas
c'est le sol sous nos pieds qui ne se dérobe jamais
c'est l'ordre des choses

alors allons- nous être heureux
je ne sais pas
je ne sais pas

mais tout de même,
je pense que je le suis

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love is in the air

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dans ces moments- là
tout s'efface
pour le bonheur
la joie
la plénitude
que procure L'AMOUR

et tout devient possible


podcast

mercredi, 05 juillet 2006

pluie

hier soir, je rentre du Val d'Oise vers les 4h du matin
et j'entre dans un Paris désert
sous une pluie diluvienne

il n'y a
PERSONNE
PERSONNE

seule voiture de la ville
sous le bruit assourdissant des gouttes qui tambourinent la tôle

j'ai envie de rouler toute la nuit
pelotonnée sur mon siège
à écouter
à penser
comme une toute petit chose au milieu du monde
sous l'orage qui tonne
qui veine le ciel d'électricité

comme on est bien
dans le chaud
avec le moteur qui ronronne
et la route qui brille
qui semble m'accueillir

je pense comme c'est doux d'être à l'abri

car sous un arrêt de bus
devant l'église de la Trinité
un monsieur aux cheveux blancs et très maigre
dormait sur le banc
seul
la tête penchée sur son épaule
perdu comme un petite chose au mileu du monde
à 4h du matin
sans que personne n'y trouve rien à redire

alors...
peut -être que je suis trop sensible
(je ne le crois pas)
mais ça m'a fait mal de le voir,
ce petit monsieur
sous son abribus
si seul si abandonné
dans cette ville noyée sous le déluge
tandis que je passe devant lui
et que je le regarde derrière la vitre mouillée
les yeux équarquillés
le nez écrasé au carreau
comme emportée par les les eaux du caniveau
et avalée par les bouches d'égoût
emportée de dégoût
et de bien-être
ensemble mélangé
....



A SUIVRE



mardi, 04 juillet 2006

un charmant squelette

900 kms dans le week- end
un concert le soir du match France -Brésil
une chaleur atroce
et
j'ai failli mourir samedi soir

mais pour de vrai

à 1 seconde près
je mourrais
et avec moi
4 autres personnes
sur une petite départementale vers 21h
dans un camion un peu pourri
juste avant de faire un concert

voilà à quoi ça tient

à 1 seconde près
à un coup de volant donné
hop
un beau carnage
et un peu plus de place sur terre

brrrr

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