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dimanche, 17 décembre 2006

ma danseuse

 

pendant ce qu'il me semble être un temps long

je ne vais pas à l'école

j'ai passé un premier trimestre au cp désastreux

c'est l'après 68

les maîtresses fument dans les classes

et un garçon me poursuit dans les escaliers avec une aiguille à tricoter

tout le monde s'en fout 

 

je ne veux plus aller à l'école

c'est non

je n'y retournerai pas,

 c'est comme ça.

 

alors en attendant une nouvelle école

je reste à la maison

je regarde ma mère repasser

je me fait une cabane sous la table

avec une grande nappe qui la recouvre de chaque côté

comme ça

on ne me voit pas

mais j'entends tout ce qui se dit

 

j'ai une petite boite d'allumette

avec une seule allumette dedans

 

je l'agite doucement contre mon oreille

et j'écoute mon grillon

mon petit grillon qui chante dans sa boite

 

les jours passent

on est en février

lorsque je retourne à l'école

 presque toute la classe sait lire

sauf moi

 

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mais les lettres au tableau

les syllabes

tout ça me parle

j'ai l'impression qu'on me donne la clé

DE CE QUE JE SAIS DEJA

ça va tout seul

l'histoire de Rémi et Colette dans le manuel

je m'en souviens encore

c'est facile

et la grande Dominique à côté de moi

me demande de lui souffler le mot

"trompette"

quand elle est interrogée

 

ça me dépasse qu'on n'arrive pas à lire un mot si simple

 

puis les maths

pas du tout la même limonade

le rideau de fer se baisse pendant les premières explications

base1, base2, 

je suis chez les fous

 

on m'envoie au tableau

c'est le printemps

je dois faire un opération toute simple

les chiffres dansent et me rient au nez

la maîtresse m'explique

la fenêtre est ouverte

il y a des tas de petites pousses vertes sur les branches

et les rideaux sont tirés

des rideaux jaunes

et toute la classe est devant moi

nimbée d'une lumière ocre

c'est beau

le printemps les marroniers

la lumière dorée

je tripote entre mes doigts une craie rose

tout ça s'harmonise parfaitement

 

à côté de moi

une voix parle

et me parvient étouffée comme un bourdon lointain 

je pose deux et je retiens un 

je sors de ma rêverie

je dis oui oui

et retourne à ma place

enivrée de saison

l'air tiède à mes genoux

et je sors de mon cartable

UN LIVRE

 

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Commentaires

C'est très beau ce que tu as écrit Valentine.
Je pense que cela nous rappelle à tous notre enfance, notre poésie innée, et notre allergie aux maths pour certains :-)
si tu le permets, je t'embrasse.
Denis.

Ecrit par : Denis | dimanche, 17 décembre 2006

Mon Diable que le temps passe...

Où en sommes-nous ?

Je me demande si...

Répondez-moi.

Un Singe.

Ecrit par : Cornélius | dimanche, 17 décembre 2006

Peu de souvenir de l'école primaire mais des traces indélibles de petits moments qui restent et vivent aujourd'hui ...
Les images que ma maitresse distribuait pour les bonnes réponses sont bien rangées dans une petite boite qui sent le temps qui passe et les lieux qui changent.
L'habitude d'une autre, de plier son parapluie en alignant bien les plis, je la regardais avec attention et maintenant j'imite ses gestes avec application et nostalgie à chaque fois que je range mon parapluie.
Et puis plus tard un stage que j'ai fait dans une école en ZEP où les enfant s'émerveillaient de voir un lapin traversait la cours et leur maitresse qui leur laissait le loisir de cette émerveillement. J'en ai fait une partie d'un rapport sur la relation éducative et ça m'avait valu un 18/20 .

Bien à Toi Jil....

Ecrit par : nelcie | dimanche, 17 décembre 2006

Les souvenirs d'école sont toujours présents en nous, celui là est tés fort. A+

Ecrit par : Marc | dimanche, 17 décembre 2006

comme cela arrive parfois, une profonde résonnance, un écho dans ma vie...

Ecrit par : ulyssa | dimanche, 17 décembre 2006

Je les ai plantés les trois marrons que la petite Jeanne aux cheveux clairs m'avait offerts rue des Pyrénées.
Ils sont beaux mes arbres.
Comme de doux souvenirs, comme des enfants, je les regardent, tantôt dormir, tantôt pousser mes marroniers de l'école de la rue des Pyrénées.

PS: Quelle beauté cette princesse de bronze au tule et satin dans sa vitrine à Orsay...c'est ma préférée.

Ecrit par : alexandra | lundi, 18 décembre 2006

L'école fait parfois aussi de sacrés Degas...

Ecrit par : Vie | lundi, 18 décembre 2006

bien vu (et bien dit) Vie!
:-)

Ecrit par : Denis | lundi, 18 décembre 2006

Merci Denis !

Ecrit par : Vie | mardi, 19 décembre 2006

Comment de tels souvenirs si lointains peuvent-ils être aussi bien ancrés ? Moi j'ai tout oublié, ou presque de ce temps. Mais quand je vois ma petite annoner ses premiers déchiffrages, des choses me remontent et ta note trouve un écho particulier (encore une fois) ! merci alors...

Ecrit par : bullet | mardi, 19 décembre 2006

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