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dimanche, 14 janvier 2007

1984


 

quand j'y pense quand même

et si on avait su tout ça

 

si je retrace le fil des évènements

la génèse, la mienne

c'est grâce à françois qui m'a invitée

un soir de 31 décembre

pour l'accompagner à cette fête chez R.

 

le téléphone n'avait pas sonné de la journée

quand j'y repense

je trouve ça un peu triste qu'une jeune fille de 18 ans

n'ait aucun projet le soir du nouvel an

 

cette jeune fille est chez ses parents

les heures passent et elle est nerveuse

le téléphone ne sonne pas

il est 19h et rien

elle se dit qu'elle n'a pas d'amis véritables puisqu'elle n' a aucun plan

elle se morfond

même ses parents la regardent un peu effrayés de la sentir seule

 

elle prend l'air dégagé mais au fond

elle se dit que quelque chose ne tourne pas rond 

chez elle

 

et puis dring

françois appelle

françois qu'elle a vu 2 fois max dans sa vie

il a 27 ans

il est batteur d'un groupe qu'elle a vu en novembre

à ris -orangis

francois l'invite

françois a pensé à elle pour cette fête chez R.

quai de la seine

 

alors son coeur s'emballe

elle dit oui oui je suis libre

et il passe la prendre vers 22h

ses parents sont contents

françois il a l'air trop gentil 



vite vite

elle se maquille

choisit une jupe noire avec des zips sur les cuisses

et des bottes de moto

beaucoup beaucoup de noir aux yeux

(dans sa tête elle ressemble à Siouxie

mais en vrai

elle ne lui ressemble pas du tout )

 

françois débarque à l'heure dite,

de la rue de bagnolet au quai de seine

le chemin n'est pas très long

 

 à cette soirée il y a des tas de gens

elle n'en connait aucun sauf françois

la maison des parents de R. donne sur le canal de l'ourcq 

et R. lui parle toute la soirée

à minuit , il l'embrasse pour lui dire bonne année

un vrai patin de bonne année

1984 

 

je me souviens très bien qui il y avait à cette fête

et comme la vie a changé ce soir- là 

 

medium_paris02.jpg

 


 

 

Commentaires

Une avance/sur/vie pour un suicidaire.

La tendresse. L'amour. Ces choses qui ne servent à rien au monde. Ce dont on a besoin, c'est de viande, de liquides, de fluides corporels, d'orifices. On veut aussi se taper de l'alcool, des verres d'alcool, des splifs et une meuf assise devant, la bouche pleine de goûts, même si ça pue. On veut des murs crades, des courses folles entre les murs béton de nos quartiers. On a envie de consommer sans bosser. On veut glander, baiser et se défoncer.

Je sais. C'est pas la fête. Mais la suite c'est là: http://andy-verol.blogg.org

Ecrit par : Andy Verol | lundi, 15 janvier 2007

C'est souvent ces rites de passage qui changent le cours des choses. On en a tellement marre qu'on se jette un peu dans les phares de bagnoles...
J'aime bien ces quais qui mènent à La Villette. En y passant encore on remarque à peine l'atelier de Hassan Massoudy, en bas d'un immeuble quelconque.

Ecrit par : alexandra | lundi, 15 janvier 2007

C'est beau cette courte histoire d'un simple changement d'année et de vie.
J'aimerais, pour toi, pour nous tous, pouvoir écrire 2007 à la place de 1984.

Ecrit par : Azure-Te | lundi, 15 janvier 2007

Beau récit, j'aime.
Il suffit d'une main tendue pour changer la vie.
Bonne journée.

Ecrit par : elisabeth | mardi, 16 janvier 2007

En 1984, je n'arrêtai pas d'écouter "Dazzle" ou "Swimming horses", ou "Melt" et "Slowdive", c'était mes tubes incontournables, j'écoutais seul dans le noir, en regardant les éclairages de la vieille ville à travers les volets. J'avais deux très grands posters de Siouxsie & the Banshees. J'ai encore un tee-shirt, immettable, rose noir et blanc, souvenir d'un concert. J'adorai, bien plus que U2 à l'époque. C'était son côté noir et désespéré, ses rythmes à sept temps, cette musique aux sons si proche du demi sommeil. Je crois bien que c'est plus elle que Kate Bush, Supertramp ou Les Beatles qui est à l'origine de mes goûts en matière de musique. On est de si petites choses. Bises.

Ecrit par : Jipet of Mâcon | mardi, 16 janvier 2007

Patin de Sylvestre, ça vous reste.

De là à dire qu'Orwell avait annoncé Jil Caplan, il n'y a qu'un patin..

Ecrit par : Galahad | mercredi, 17 janvier 2007

un goût d'écume, sous votre plume?

Ecrit par : jeansol p. | dimanche, 21 janvier 2007

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