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lundi, 22 janvier 2007

daddy

mes parents achètent une maison

dans une allée sans issue de la rue de bagnolet

 

j'ai sept ans

 

lorsque je vais la visiter

pour le première fois

je déclare:"c'est une masure"

impossible d'imaginer que je vais habiter là

 

pas de salle de bain

juste un débarras

où s'entassent des immondices dans un baignoire 

les murs sont mangés de salpêtre

auréolés de tâches d'humidité jusqu'au plafond

 

pendant des mois

nous allons vivre dans les travaux

j'apprends alors tout un vocabulaire

serre-joint, tassau, vilbrequin

scie égoïne, , fil à plomb, clé alen,

 râpe demi ronde, niveau à bulle

 

 mon père passe ses week end à bricoler

avec lui 

j'apprends à passer une vis au savon de Marseille

pour qu'elle glisse mieux

j'apprends à encoller deux surface

et à respecter le temps de prise

j'apprends à monter une cloison

à décaper les persiennes en fer avec un chalumeau

puis à passer l'antirouille

en tirant bien sur le pinceau 

j'apprends à enduire un mur

attendre qu'il sèche

puis à le poncer calmement par petits gestes

j'apprends à peindre, à croiser les couches

à décoller le papier peint à la vapeur

à poser une feuille de plomd

en éliminant toutes les petites bulles

avec une raclette 

j'apprends qu'il faut mettre des gants

pour manipuler la laine de verre

j'apprends à rincer soigneusement

pinceaux et rouleaux au white

à les faire tremper dans un seau d'eau

j'apprends à tout nettoyer ensuite

à la lessive st marc

 

on est tous les deux

j'ai l'impression d'exister

d'être importante

 

comme quand il me raconte ses souvenirs

de la guerre d'algérie

ses longues nuits de veille

tout seul avec un fusil

la peur au ventre

 

il me raconte comment ils se sont rencontrés

avec maman

dans un cinéma du quartier latin

au ciné- club du canard enchaîné 

 

en bas

maman râle parce c'est sale

parce que ça n'en fini pas, ces travaux


 puis le lundi arrive

papa retourne travailler à son imprimerie

et moi je dessine sur les murs de ma chambre

 en rentrant de l'école

en attendant le papier à fleurs

 medium_FUCHS_22.jpg

Commentaires

Et la maison, elle existe toujours ? Si oui, cela doit te faire rudement drôle de regarder ce qui n'a pas changé depuis que vos doigts ont posé leurs marques dessus... !

Ecrit par : bullet | lundi, 22 janvier 2007

les souvenirs ont une importance terrible pour nous nous tous. le lecteur ressent votre émotion et vos sentiments . c'est le talent d'un auteur. continuez

Ecrit par : fabien | lundi, 22 janvier 2007

j'ai des travaux à faire et vous semblez avoir les compétences requises...
on se fait une réunion de chantier ?

Ecrit par : stan | lundi, 22 janvier 2007

Pourquoi as-tu effacé mon commentaire sur "le lac" ...?

Ecrit par : Tom | lundi, 22 janvier 2007

L'importance de la transmission...
Vous avez donc de l'or dans les doigts par votre père
et de l'or dans la voix par votre mère.

"Comme ce serait étrange si les enfants connaissaient leurs parents tels qu'ils étaient avant leur naissance, quand ils n'étaient pas encore parents mais tout simplement eux-mêmes."(P. Modiano)

Ecrit par : alexandra | lundi, 22 janvier 2007

Je ne sais rien faire de mes dix doigts.
Ou alors tout ce que je fais n'est rien.
Pour d'autres, ce n'est pas rien.
Et pourtant, c'est pas grand chose.
J'aimerai bien faire quelque chose.
Quelque chose qui ne soit pas rien.
Quelque chose qui ait une consistance.
J'en ai rêvé bien de fois. Mais rien.

Non, je me trompe, j'ai fait E et V.
On m'a bien aidé aussi.
C'est toute ma vie,
Tout ce qui me reste de ma vie.
Alors je leurs donne tout, même
Si c'est rien du tout.
Et pour eux, dans leurs yeux,
Ce n'est pas rien.
Et ça me fait du bien.

Ecrit par : Jipé of Mâcon | lundi, 22 janvier 2007

une nouvelle version de Famille heureuse. C'est bien le bricolage, cela détends. Je comprends tout a fait que vous ayez zapé mon dernier post. Il etait hors de propos, ecrit a 6H00 du matin, je rentrais de soiree. Ce qui prouve au moins une chose, les gens ne sont jamais ce qu'on s'imagine. Au fait, la maison existe t-elle toujours ? Ce serait bien qu'elle ait perduré....et que l'on puisse y vivre encore. Il n'y a rien de plus beau qu'une maison, c'est un cocon ou l'on abrite ses livres, ses idées, ses etats d'âme, a l'ecart du monde et du bruit

Ecrit par : Chris | lundi, 22 janvier 2007

heu mais j'ai zappé aucun post...

le papier de verre m'aurait il joué des tours sans je le susse???

Ecrit par : bluevalentine | lundi, 22 janvier 2007

abracadabra.......pouf!! et voila....
heu, ah ben non...
aten je recommence!
Abrracaaddabrraa........ et pouf!!!

pffff, c nul la magie!!

^^

Ecrit par : yegof | mardi, 23 janvier 2007

mon père était surement aussi bricoleur...pourtant, je n'ai jamais rien fait avec lui..c'est peut-être dommage finalement.

Ecrit par : jevli | mardi, 23 janvier 2007

être unique aux yeux d'un seul
on court après cela toute sa vie, non ?

tender kisses,
sean

Ecrit par : sean | mardi, 23 janvier 2007

C'etait une fantaisie sur votre premiére epoque version 'Tous ce qui nous separe", et "Comme sur une balancoire". Je vous avez interw... pour une radio FM, dans une boite de nuit de Tours, La Jocondiere. Vous étiez a l'epoque trés en verve, un peu hautaine, sur de vous. Ce qui est amusant c'est l'ecart entre ce que vous faisiez alors et ce que vous faites aujourd'hui, entre cette image BCBG, chemise blanche, bouffante, remasterisé par la communauté gay, et les gentils fils de famille et ce coté "underground" que j'ignorais completement. Mais ce n'est pas le propos de ce post là. J'espére que nous donnerez vite des nouvelles de cet enregistrement d'album avec Jay Alansky
Merci...

Ecrit par : Chris | mardi, 23 janvier 2007

La nuit tous les chats sont gris...
.../ /
...ô ô
.= Y =

Ecrit par : alexandra | mardi, 23 janvier 2007

Very good !

Ecrit par : Brg | jeudi, 25 janvier 2007

Les commentaires sont fermés.