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samedi, 27 janvier 2007
i scream you scream we all scream for ice cream
pas connu la guerre
les bombes, les sirènes
pas connu l'avortement clandestin
les risques d'infection mortelle
la douleur de la pince à vif
pas connu le froid
pas connu la faim
pas connu la misère
pas connu les salles communes d'hôpital
les vêtement qu'on coud dans des rideaux
les engelures, la gale, les poux
l'opprobre sur la femme aux amants
née ici
grandit ici
et connu le sida
la queue aux caisses de plus d'une heure
pour acheter des lecteurs MP3
connu le SDF qu'on enjambe sans un soupir
la jeune fille qu'on brûle dans la cave
et celle qu'on défigure à jet d'acide
connu la nourriture en abondance
qu'on jette sans réfléchir
connu les services d'urgence à St Louis
les vieux qu'on laisse pourrir
les enfants à qui on ne dit rien
à qui on ne transmet rien
que sa propre haine,
sa propre peur
son propre abandon
misère
la misère n'a pas de nom
n'a pas de siècle
pas d'âge ni de sexe
elle est derrière les façades cossues
derrières les barres de béton
derrière l'uniforme branchouille
c'est de la glue qui colle aux semelles
23:35 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : amour, blog, journaux personnels

Commentaires
Et le cri de Gustave Much, le cri primaire, assasin, bestial de l'homme balancé dans ce monde absurde sans savoir le pourquoi du comment. Oui on se prépare a des lendemains qui déchantent. Et ce sera pire encore. Trop de solitude, de désamour, pas ou peu de liens, plus aucune transmission si ce n'est celle de la marchandise. Mais il faut rever pourtant, partir comme Jodie, mais le faire vraiment. Ne pas faire l'Innocent. Ne plus prendre des vessies pour des lenternes. Prendre le premier train, clef des champs, croire qu'Artur Cravan le roi des déserteurs n'est pas mort noyé mais qu'il se cache encore quelque part, a l'oree du bois. A l'ombre de tous nos desespoirs larvés...
Ecrit par : Chris | dimanche, 28 janvier 2007
"Faut qu'on se bouge !"
Misère est un mot qui n'est pas là de quitter notre bon gros dictionnaire, va ! C'est pas comme coquecigrüe !Tout juste parce que la misère n'en est pas une.
Ecrit par : Vie | dimanche, 28 janvier 2007
C'est une véritable théorie de la relativité
pour la misère que vous nous livrez là.
On commence mal le siècle tout de même.
Et nos enfants dans tout ça?
Au fait, c'est quand le bonheur?
Ecrit par : alexandra | dimanche, 28 janvier 2007
Aïe Alexandra ! La question qui tue en faisant très très mal : "Et nos enfants dans tout ça ?".
Quant au bonheur, je crois qu'il est là, un peu partout, près de nous, mais il n'est pas donné à tous...
Ecrit par : Gmike | jeudi, 01 février 2007
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