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dimanche, 28 janvier 2007
open road #3
...alors une fois de plus
le miracle
ce qui n'arrive jamais
ou aux autres uniquement
ce qui n'est normalement pas possible
se penche sur moi
par un hasard extraordinaire
de lieux de personnes et de circonstances
je visite un appartement
extrèmement peu cher
pour paris
j'en ai les larmes aux yeux
le proprio ne me demande rien
ni garanties
ni feuilles de payes
rien de rien
c'est fou
du jamais vu
je lui baiserais les pieds à cet homme-là
je visite cet endroit
c'est à la fin du mois de juin
il y a du soleil qui rentre
qui jette des flaques sur les tomettes rouges
il y a des poutres
tout est lambrisé
même le passage étroit sous la pente du toit
qui fait office de cuisine
me semble charmant
même la douche
qui ressemble à un perchoir pour oiseaux
le 5 juillet
je débarque avec mes cartons
remplis de livres qui pèsent 3 tonnes
avec mes petites lampes
et quelques fringues
le reste appartient à mon ancienne vie
je laisse tout derrière moi
tant pis, tant mieux
l'endroit est vide et sale en vrai
c'est le soir et il n'y a plus de soleil
j'entends des bruits qui montent de la cour
un bébé qui pleure
des assiettes qui s'entrechoquent
une vie inconnue entre le Bd Magenta
et le canal, juste au bout de la rue
je me sens mal
totalement larguée
il faut que je repeigne tout
que je décape la crasse des tomettes
que j'arrache la moquette piquée de brulûres
et je n'en ai pas la force
pas ce soir
je m'écroule sur mon vieux futon
en écoutant au loin la clameur des bars
c'est une chaude nuit d'été
et pourtant je suis une étrangère dans ma ville
une étrangère à ma vie
je n'ai plus de visage
j'ai rayé mon passé
et cherche mon avenir.
20:31 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
samedi, 27 janvier 2007
i scream you scream we all scream for ice cream
pas connu la guerre
les bombes, les sirènes
pas connu l'avortement clandestin
les risques d'infection mortelle
la douleur de la pince à vif
pas connu le froid
pas connu la faim
pas connu la misère
pas connu les salles communes d'hôpital
les vêtement qu'on coud dans des rideaux
les engelures, la gale, les poux
l'opprobre sur la femme aux amants
née ici
grandit ici
et connu le sida
la queue aux caisses de plus d'une heure
pour acheter des lecteurs MP3
connu le SDF qu'on enjambe sans un soupir
la jeune fille qu'on brûle dans la cave
et celle qu'on défigure à jet d'acide
connu la nourriture en abondance
qu'on jette sans réfléchir
connu les services d'urgence à St Louis
les vieux qu'on laisse pourrir
les enfants à qui on ne dit rien
à qui on ne transmet rien
que sa propre haine,
sa propre peur
son propre abandon
misère
la misère n'a pas de nom
n'a pas de siècle
pas d'âge ni de sexe
elle est derrière les façades cossues
derrières les barres de béton
derrière l'uniforme branchouille
c'est de la glue qui colle aux semelles
23:35 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : amour, blog, journaux personnels
vendredi, 26 janvier 2007
look! a shooting star!
repêchée
comme un gardon frais qui remonte le courant
saisie en plein vol
par le col de la chemise
par un doigt venu d'ailleurs
qui au dernier moment
rattrappe
ça a souvent été comme ça
même lorsque je me présentais aux examens
le lendemain d'une nuit blanche
sans avoir rien foutu
quelque chose
me sauvait la mise
quand je suis à la rue
quand je suis au bout d'un chemin
et que je ne sais plus comment faire
lorsque je vois la chute se profiler
et se rapprocher
alors
il y a un petit sauvetage
une bouée
un esquif
venu d'ailleurs
de là où on n'imaginait pas,
qui vient me tendre une main
combien ai-je raté de main tendue
combien de fois ai-je failli mourir
calcinée de mon inconséquence
sur le bûcher orchestré par mes soins
parfois je slalome sous la pluie
sans être mouillée
d'autre fois
je bois la tasse dans une mare
combien de fois pour apprendre
pour se relever
combien de fois pour protéger
le vrai, le pur
combien de bandeaux sur les yeux à arracher
pour voir plus clair
mais
encore une fois
même si je marche sur la poutre
et que la ligne est étroite
une main tendue
..... jusqu'à la prochaine fois
20:50 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : amour, blog, journaux personnels
mercredi, 24 janvier 2007
grande ourse
hier midi
une amie m'appelle
en larme
elle est enceinte
elle est inquiète
anxieuse
ne sait pas comment le prendre
ne sait pas comment faire avec le père présumé
alors elle pleure
puis elle rit
puis repleure
je dois la voir le soir même
une heure après
un message
finalement non
elle n'est pas enceinte
elle a mal lu le résultat du test
a confondu le positif du négatif
mais si elle est soulagée
elle est déçue aussi
car cet homme
elle l'aime
alors un bébé....
je rentre en métro
les rames sont bondées
je laisse passer deux voitures pleines
je finis par rentrer dans un wagon- sardine
tout le monde se pousse
se cale
et j'aperçois dans un coin
un couple bien niché
la femme porte un nouveau-né contre elle
on les regarde
elle et son petit
vraiment petit
avec plein de cheveux noirs sur la tête
il fait tout un tas de sons charmants
des sons qui veulent dire
j'ai chaud j'ai faim
et sa mère lui caresse la nuque
ils sont seuls au monde
je repense à mon amie
à son bébé qui a existé pendant une heure
et qui est suspendu dans les airs maintenant
un bébé qui flotte quelque part
qui attend d'être au monde
et elle qui l'attend aussi
pleine de doute et d'angoisse
je repense à elle
à la vie qui frappe à la porte soudain
à la vie qui veut s'incarner
exister
un bébé
un bébé!
00:28 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : amour, blog, journaux personnels
lundi, 22 janvier 2007
daddy
mes parents achètent une maison
dans une allée sans issue de la rue de bagnolet
j'ai sept ans
lorsque je vais la visiter
pour le première fois
je déclare:"c'est une masure"
impossible d'imaginer que je vais habiter là
pas de salle de bain
juste un débarras
où s'entassent des immondices dans un baignoire
les murs sont mangés de salpêtre
auréolés de tâches d'humidité jusqu'au plafond
pendant des mois
nous allons vivre dans les travaux
j'apprends alors tout un vocabulaire
serre-joint, tassau, vilbrequin
scie égoïne, , fil à plomb, clé alen,
râpe demi ronde, niveau à bulle
mon père passe ses week end à bricoler
avec lui
j'apprends à passer une vis au savon de Marseille
pour qu'elle glisse mieux
j'apprends à encoller deux surface
et à respecter le temps de prise
j'apprends à monter une cloison
à décaper les persiennes en fer avec un chalumeau
puis à passer l'antirouille
en tirant bien sur le pinceau
j'apprends à enduire un mur
attendre qu'il sèche
puis à le poncer calmement par petits gestes
j'apprends à peindre, à croiser les couches
à décoller le papier peint à la vapeur
à poser une feuille de plomd
en éliminant toutes les petites bulles
avec une raclette
j'apprends qu'il faut mettre des gants
pour manipuler la laine de verre
j'apprends à rincer soigneusement
pinceaux et rouleaux au white
à les faire tremper dans un seau d'eau
j'apprends à tout nettoyer ensuite
à la lessive st marc
on est tous les deux
j'ai l'impression d'exister
d'être importante
comme quand il me raconte ses souvenirs
de la guerre d'algérie
ses longues nuits de veille
tout seul avec un fusil
la peur au ventre
il me raconte comment ils se sont rencontrés
avec maman
dans un cinéma du quartier latin
au ciné- club du canard enchaîné
en bas
maman râle parce c'est sale
parce que ça n'en fini pas, ces travaux
puis le lundi arrive
papa retourne travailler à son imprimerie
et moi je dessine sur les murs de ma chambre
en rentrant de l'école
en attendant le papier à fleurs
12:00 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : amour, blog, journaux personnels
jeudi, 18 janvier 2007
ça fait du bien
bon alors
c'est quand qu'on quoi
qu'on part en grand voyage
qu'on gagne un gros paquet de thunes
qu'on de marre comme des bossus
qu'on boit à rouler sous la table
qu'on se roule des palots en pleine rue
c'est quand qu'on claque son fric
dans des fringues hors de prix
c'est quand que je me fais injecter un peu de botox
dans ma saloperie de ride du lion
c'est quand qu'on fait un malheur, un bonheur
c'est quand qu'on fait un gosse
qu'on déménage
c'est quand qu'on se fait un tour
de périph à moto
qu'on se baigne à poil dans la mer
et qu'on se couche à 7h du mat
en sueur
et sans se démaquiller
c'est quand ,
mais c'est quand, mais c'est quand qu'on quoi

20:26 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : amour, blog, journaux personnels
mercredi, 17 janvier 2007
... falling on my head
22:50 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : amour, blog, journaux personnels
dimanche, 14 janvier 2007
1984
quand j'y pense quand même
et si on avait su tout ça
si je retrace le fil des évènements
la génèse, la mienne
c'est grâce à françois qui m'a invitée
un soir de 31 décembre
pour l'accompagner à cette fête chez R.
le téléphone n'avait pas sonné de la journée
quand j'y repense
je trouve ça un peu triste qu'une jeune fille de 18 ans
n'ait aucun projet le soir du nouvel an
cette jeune fille est chez ses parents
les heures passent et elle est nerveuse
le téléphone ne sonne pas
il est 19h et rien
elle se dit qu'elle n'a pas d'amis véritables puisqu'elle n' a aucun plan
elle se morfond
même ses parents la regardent un peu effrayés de la sentir seule
elle prend l'air dégagé mais au fond
elle se dit que quelque chose ne tourne pas rond
chez elle
et puis dring
françois appelle
françois qu'elle a vu 2 fois max dans sa vie
il a 27 ans
il est batteur d'un groupe qu'elle a vu en novembre
à ris -orangis
francois l'invite
françois a pensé à elle pour cette fête chez R.
quai de la seine
alors son coeur s'emballe
elle dit oui oui je suis libre
et il passe la prendre vers 22h
ses parents sont contents
françois il a l'air trop gentil
vite vite
elle se maquille
choisit une jupe noire avec des zips sur les cuisses
et des bottes de moto
beaucoup beaucoup de noir aux yeux
(dans sa tête elle ressemble à Siouxie
mais en vrai
elle ne lui ressemble pas du tout )
françois débarque à l'heure dite,
de la rue de bagnolet au quai de seine
le chemin n'est pas très long
à cette soirée il y a des tas de gens
elle n'en connait aucun sauf françois
la maison des parents de R. donne sur le canal de l'ourcq
et R. lui parle toute la soirée
à minuit , il l'embrasse pour lui dire bonne année
un vrai patin de bonne année
1984
je me souviens très bien qui il y avait à cette fête
et comme la vie a changé ce soir- là

23:50 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : amour, blog, journaux personnels
vendredi, 12 janvier 2007
open road#2
pendant 2 mois
j'habite ici et là
chez des copains
je dors 3, 4 nuits dans un endroit
puis j'en repars
avec mon sac de sport remplit d'affaires essentielles
2 mois
c'est rien
et c'est long pourtant
un peu chez JM
un peu chez E.
un peu chez H.
j'en ai marre
j'ai besoin d'une maison
j'ai besoin de mes livres
de mon lit
et pourtant
c'est grisant d'être comme ça
à l'air libre
c'est grisant et affreux
parfois je me mets à pleurer à la terrasse d'un café
parce que je me sens trop seule
parce que je ne sais pas ce que je vais devenir
je n'ai pas l'ombre d'un espoir qu'on me loue même un studio
pas l'ombre d'un espoir de me poser
je suis en fuite
libre et cependant en fuite
le soir tombe
je n'arrive pas à rentrer dans l'appartement de JM
je regarde dans la nuit chaude de cette fin de printemps
toutes les lumières qui s'allument aux fenêtres
je discerne des ombres derrière les rideaux
un repas qui se prépare
un enfant qui court en pyjama
en poussant des cris d'indien
je devine des mains qui se tendent
des plats que l'on se passe
le café va fermer
le serveur rentre les chaises et les tables
encaisse les derniers clients
je suis pétrifiée sur ma chaise
en contrebas
les rails de la gare st lazare s'entrelacent
toute une poésie urbaine
je suis sous le ciel immense
je suis avec les cris des hirondelles
avec leurs stridulations poignantes
je m'apitoie sur mon sort
personne ne m'attend
personne ne sait où je suis
personne ne sait comme je suis triste
mais je l'ai bien cherché
bien cherché
19:32 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : amour, blog, journaux personnels
mercredi, 10 janvier 2007
walk like dog... talk like a dog....
quand je remonte chez moi
même si j'en suis partie il y a 5 mns
il y a toujours mon chien
qui vient me faire fête
comme après une longue absence
quand je vais dans la salle de bain
elle attend derrière la porte
assise bien droite
avec son museau en ligne
quand je suis à mon bureau en train d'écrire
elle vient se coucher sur mon pied
contre mon mollet
et elle me bouscule le coude
pour que lui touche le flanc
quand je vais acheter du pain
elle attend sur le pas de la porte
avec un petit air inquiet
"faudrait pas qu'elle m'oublie"
quand on prépare les sacs
pour partir en vacances
elle me suit partout
et monte dans la voiture en premier
"faudrait pas qu'on me laisse"
en fait
je suis un chien
une petite bête collante
inquiète
je peux dormir par terre
je peux me coucher sur le carrelage
et même manger dans l'écuelle
lapper l'eau de la gamelle
je suis un chien
je lèche je baille
je me faufile dans la foule
je colle aux jambes
mais oui
j'ai trouvé ma soeur toute chaude
qui ne pense pas
qui ne dit rien
qui ne demande qu'un geste tendre
voilà d'où je viens
du chien
du poil mouillé de l'orage
et de la peur de la bordure d'autoroute
21:03 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : amour, blog, journaux personnels






