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lundi, 09 avril 2007
souvenirs à vendre
la douceur du printemps m'effraie un peu
en elle,
palpite l'avenir
incertain
vacillant
ce sentiment d'être étrangère en toutes choses
je le connais par coeur
comme si tout était faux
les immeubles un décor de carton
une rue qui tangue
et tout qui chavire
comme si je perdais la mémoire
incapable de me souvenir de mon nom
j'ai le sens des mots
mais je ne trouve pas les mots
comme si rien n'était à la hauteur de rien
comme si j'allais mourir en cet instant
-je l'accepte même de bonne grâce-
et pourtant je sais
que je dois rentrer,
qu'une fois à la maison
le ron -ron de la machine à laver
et tous ces gestes à faire
me remettrons droite
me redonnerons une identité
une personnalité
qui s'est perdue un instant quelque part
13:05 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : amour, blog, journaux personnels

Commentaires
Combien le lot de 10 ?
Ecrit par : Vie | mardi, 10 avril 2007
Et pourtant, tu sais...
C'est parfois utile de se perdre quelque part, quelques instants. C'est un peu comme faire le vide avant de plonger du grand-plongeoir dans le grand bassin. C'est angoissant. On se rappelle des autres fois. Les souvenirs sont là. Ils participent à la peur. Ils aident aussi sans doute.
Et puis, se perdre comme ça, un instant, c'est un beau gage. Une réaction naturelle, un signe qui montre que l'on est là comme on est. Authentique. Sincère.
Ecrit par : Gregory Sey | mardi, 10 avril 2007
Je connais une très vieille dame.
Elle habite au dernier étage d'un petit appartement parisien.
Ses paroles sont une merveilleuse musique.
Elle nous dit sans nostalgie comment c'était avant.
Et puis ce regard vert-noisette si franc, si présent.
Chaque année, au printemps, l'usure des années s'envole.
Elle qui lutte tant contre les douleurs de son corps fatigué dès que les pluies d'octobre réveillent son arthrose.
Voilà les premières fleurs qui blanchissent les branches des cerisiers et le combat s'estompe.
Chaque année, au printemps, je pense à elle en me disant que j'espère avoir sa force et son goût de vivre quand mon tour viendra...
Ecrit par : alexandra | mardi, 10 avril 2007
"qu'une fois à la maison le ron -ron de la machine à laver et tous ces gestes à faire me remettrons droite me redonnerons une identité une personnalité" : respect, voilà un aveu courageux ! On vous l' a déjà dit Mesdames, faut rester à la maison, à la cuisine...
Ecrit par : Lourdeau | mercredi, 11 avril 2007
Ca n'a rien à voir mais je viens d'écouter "derrière la porte".
J'adore! (comme dirait l'autre!)
Pas exclu que nous nous croisions pour en parler professionnellement.
Pas exclu du tout.
Ecrit par : Mandor, président de la FAPM | jeudi, 12 avril 2007
Je viens de lire "souvenirs à vendre" et je n'ai rien d'autre à dire que je vis la même chose quand arrive le printemps...
Comme c'est étrange d'ailleurs car les gens sont plutôt gais lorsqu'arrivent les beaux jours. Moi ça m'angoisse.
Les odeurs, les couleurs et la température... C'est comme si ça faisait remonter de vieux démons... mais lesquels ?
Ecrit par : sylvain | jeudi, 12 avril 2007
Sauf que, j'oubliais, moi cette impression ne dure pas que quelques minutes.
Cette "renaissance" de la nature peut me laisser glauque pendant plusieurs jours. C'est assez pénible d'ailleurs...
Ecrit par : sylvain | jeudi, 12 avril 2007
Blue, Sylvain > je suggère une petite cure de Quintonine.
Ecrit par : Azure-Te | samedi, 14 avril 2007
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