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vendredi, 27 avril 2007

la rue du chien

ce soir, chaude soirée

les gens marchent lentement

ils ne se pressent pas

 

ils s'arrêtent devant la libraire à côté

regardent les livre

discutent

boivent un verre

 

je croise un type en costume blanc

qui traîne une grosse valise rouge à petites roulettes

 

plus loin,

un cabriolet blanc mercedès est arrêté

plein phares

au milieu de la rue


de l'autre côté

c'est un type très grand et très maigre

un peu inquiètant

qui passe comme une ombre sur le trottoir

 

puis je repense à dimanche soir

il est minuit peu-être

mon chien me promène

je tire sur ma laisse en humant l'air parfumé

 

alors un type arrive dans ma direction

il est en maillot de bain bleu

et porte un gros sac sur son épaule

ainsi qu'une veste de sport adidas

le chien et moi

on baisse le museau

 

dès qu'il nous a dépassés

on se retourne pour voir l'olibrius en maillot de bain

et, que voit-on

deux fesses nues qui s'éloignent

deux fesses sanglées d'un string

 

je regarde les fesses molles continuer leur chemin

des fesses qui se baladent dans paris

comme si de rien n'était 

baskets aux pieds

et soquettes blanches

 ......

ce soir, pas de fesses à découvert

mais des pantalons partout

 

...et toujours le chien noir qui balade sa maîtresse

au bout de sa laisse

et qui ne la laisse même pas regarder les livres en devanture.

 

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mercredi, 25 avril 2007

ça

au dehors

à la vue et à l'oreille

c'est un peu en béton

ça argumente, ça critique, ça détaille

ça fait des vagues parfois

 et le rimmel coule

 

et à l'intérieur

c'est un bonbon tendre,

ça craque pour un rien

 ça s'inquiète, ça s'angoisse

c'est un animal

pris dans le viseur d'un fusil de chasseur

et ça cherche une cachette.

 

 

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dimanche, 22 avril 2007

dans la peau

la ville
ses murs
je les ai dans la peau 
son bruit me réveille chaque jour
et sa poussière aussi
son odeur qui monte d'un soupirail
son murmure, lointain
pareil à un lion derrière un arbuste
qui guette sa proie
embusqué
avide
 
les tentacules de la ville
ses serres d'aigles
et ses fantômes à chaque coin de rue
 
la ville
c'est le nid où je me repose
 bercée par son indifférence
propulsée par son moteur
 et je regarde les fenêtres qui s'allument
et les ombres derrière les rideaux
tout ce sang qui circule partout
et qui se répand dans sa terre
 
toutes les âmes veulent dire quelque chose
un mot, une parole
et puis se taisent, finalement
 
parce que c'est brusque
de dire quelque chose
parce que c'est difficile.
 
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vendredi, 20 avril 2007

love in song


podcast
j'observe la solitude de certains autours de moi

et je la ressens très profondément

 

parfois je sens tellement l'intimité de quelqu'un

une empathie douloureuse

comme on partage le goût d'un gâteau

 

ce soir  je l'ai ressenti

j'ai ressenti la solitude d'une personne

sa tristesse

son isolement

 sans un mot de sa part qui l'aurait évoqué

 juste par son visage

ses traits

sa façon de se tenir

 

parfois c'est un autre sentiment qu'on me donne à goûter

 

dans ces moments,

je suis comme nouée dans une grande corde

prise dans un filet,

déchirée par une hélice. 


 

 

jeudi, 19 avril 2007

transylvanie

je me demande souvent

comment ça fait, chez les autres

en dedans

si c'est très différent de chez moi

 

je me demande

comment ça respire

comment ça aime

comment ça jouit

 

je me demande

quelles sont les pensées les plus enfouies

les plus inavouables

les plus sales

 

peut-être que c'est pire

peut -être que c'est plus rose

ou plus simple

 

je ne sais pas

comment savoir une chose pareille

 

mais  parfois

quand on livre un peu de soi

quand on explore un peu  ses méandres noires

et qu' on les exprime à haute voix

il arrive que quelqu'un vous dise

"pour moi aussi, c'est comme ça"

 

et ça fait du bien de savoir

qu'on est pas la seule à éprouver

le vertige d'être soi

le précipice de son histoire

les ombres et les anges qui dansent,

qui nous enrôlent.

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dimanche, 15 avril 2007

zebra

je ne sais pas pourquoi

ma mère m'a acheté un pantalon en laine

assorti à un gilet en laine

sans manche et assez long

le tout est rayé de grosses bandes marron

et c'est affreux

je trouve l'ensemble affreux

 

sans compter le sous -pull marron assorti

de cette matière brillante et serrée

qui moule atrocement mon torse plat

et fait ressortir les os de ma cage thoracique

 

ma mère a une amie qui a deux fils

dont l'un, didier

possède un grand charme

-du haut de mes 8 ans bien sûr-

ils habitent une petite rue tournante

à côté de mon école de la rue des pyrénées

 

aujourd'hui on va les voir

je suis toute fofolle à l'idée de passer cette journée

avec dider

 

et ma mère me fait porter cet horrible ensemble en laine

rayé, qui pique, qui est laid

très pattes d'ef

j'ai l'air d'une nouille comme ça

 

on va au parc

il fait un soleil de plomb

et je crève de chaud dans mon truc

je me sens vilaine

empruntée

tout est gâché, fichu

à cause de ma tenue débile

 

j'ai retrouvé un polaroïd de cette journée

didier est contre un arbre

et je suis à côté de lui

avec un sourire pénible sur le visage

 toute flottante dans mes rayures

transparente en dedans

et horrible au dehors.

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jeudi, 12 avril 2007

love at first sight

en ce moment,

il remet le parfum qu'il portait

lors de nos premiers mois

 

nos premiers mois ensemble

 

dans son cou

je vais chercher mes sensations pures

les hautes émotions

 quand je ne pensais pas encore trop

 quand je savais fermer les yeux sur tout ce qui nous abîme

tout ce qui nous traîne dehors

 

dans l'odeur de sa peau 

je me retrouve intacte

naïve, confiante

quand je pensais que l'amour était plus fort que tout

 

l'amour est -il plus fort que tout

plus fort que le reste

plus fort que nos caractères de merde

plus fort encore que..... 

 

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lundi, 09 avril 2007

souvenirs à vendre

la douceur du printemps m'effraie un peu

 

en elle,

palpite l'avenir

incertain

vacillant 

 

ce sentiment d'être étrangère en toutes choses 

je le connais par coeur

comme si tout était faux

les immeubles un décor de carton

une rue qui tangue

 et tout qui chavire

 

comme si je perdais la mémoire

incapable de me souvenir de mon nom

 

j'ai le sens des mots

mais je ne trouve pas les mots

comme si rien n'était à la hauteur de rien

comme si j'allais mourir en cet instant

-je l'accepte même de bonne grâce-

 

et pourtant je sais

 que je dois rentrer,

 qu'une fois à la maison

le ron -ron de la machine à laver

et tous ces gestes à faire

me remettrons droite

me redonnerons une identité

une personnalité

qui s'est perdue un instant quelque part

 

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mercredi, 04 avril 2007

aimer

finalement

aimer

être aimé 

c'est quoi

c'est comment

 

je suis perdue 

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mardi, 03 avril 2007

le petit train

certains évènements de ma vie

me semblent irréels

 

ai-je vraiment vécu ça

à cet endroit

avec cette personne?

 

je repense à la maison que j'ai habité 2 ans

et ce souvenir me donne la même impression 

qu'un train qui passe au ralenti dans une gare

et moi, sur le quai

qui le regarde passer

 

je distingue les visages des gens

assis dans la lumière orange 

la quiètude moëlleuse des compartiments

la texture des fauteuils en velour

 

c'est réel et cependant

c'est une vision brillante qui s'évanouit

avant même de l'avoir ressentie

 

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