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samedi, 12 mai 2007

un chapon, un violon

dîner de noël

encore noël

et ça revient tous les ans

 

je me creuse la tête

pour préparer un bon dîner pour tous

un truc qui cuit tout seul pendans des heures

pas de prise de tête 

de la musique en fond sonore

 une image d'épinal

des enfants tres sages

un sapin qui clignote

une odeur d'épices qui flotte dans la maison

 (ah les images d'épinal

putain d'images d'épinal

on nous a bourré le mou

c'est sûr)

 

moi et mon épinal

on descend mine contrite

chez le boucher d'en bas


 je prends la queue

tête basse

et décide de me lancer dans le chapon

sans trop savoir ce que c'est exactement

(un poulet doublé d'un plus gros animal,

une fusion entre la dinde et le coq?) 

 

bref, me voilà en train d'annoncer fièrement

"je voudrais un chapon"

première déconvenue:

il faut la préparer, la bête

lui garnir l'intérieur à grand coup de farce

et ça se commande, hé oui ma petite dame

 

va pour la préparation

je doit revenir tout à l'heure en fin de journée

 

un peu dépitée, je cuis quelques pâtes

valeur sûre pour un midi de Noël

au moins tout le monde sera content.

 

vers 19h, engourdie et abrutie

me revoilà chez le boucher

qui disparaît en arrière -boutique et me présente

fièrement

un énorme paquet

le chapon

 

je passe à la caisse

où l'on m'annonce l'air de rien

64 euros

je pense qu'il y a une erreur

ce n'est pas POSSIBLE que cette pauvre bête

soit farcie à l'or pur

je dégaine ma carte

en passant en revue

tous les magnifiques petit hauts 

que j'aurais pu acquérir

(au moins un)

pour ce prix qui me semble démesuré

scandaleux 

le prix du chapon.

 

puis, dégoûtée à jamais 

je fourre le bestiau en cuisine

assortie d'une gousse d'ail


tout le monde me regarde avec suspicion

quand j'enfourne l'énorme chose

dans le four trop petit. 

 

deux heures après 

on me lance des regards affamés

mais personne n'ose rien me dire

parce que ce chapon,

je ne veux plus en entendre parler

et il faudra le manger,

tout manger

même si ça prend des jours d'en venir à bout.

 

finalement

les fourchettes se délient

et le vin coule....

le chapon dans son arrogance

reste aussi volumineux. 


 

vivement qu'on ouvre les cadeaux. 

 

medium_IMG_7628.2.JPG

 

 

Commentaires

Par chez nous on cuisine le chapon à la mode de Bretagne, on lui flanque de la garniture jusqu'à ce qu'il soit potelé comme un ballon. Ca a d'ailleurs fait beaucoup pour notre renommée. Car ils ont les chapons ronds vivre la Bretagne, ils ont les chapons ronds, vive les bretons.

(Je suis déjà dehors)

Ecrit par : Galahad | samedi, 12 mai 2007

C'est drôle, ça me rappelle tant d'épisodes culinaires similaires. Je devrais peut être épouser un boucher...

Ecrit par : Eric | dimanche, 13 mai 2007

Bien dite cette histoire de chapon !
N'était plus venu ici depuis des lustres et des fêtes.
Je reviens, attiré par la simplicité de bon goût... :)

Ecrit par : Shaggoo | lundi, 14 mai 2007

Ca fait drôle une histoire de Noël en mai.
On y replonge, comme si on était tombé sur quelques photos...

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Merci à Galahad pour ce lien.
Je vais fouiller dans mes souvenirs VHS, j'avais une émission des débuts sur M6 et quelques passages télé. J'espère qu'ils sont toujours là...

Ecrit par : alexandra | lundi, 14 mai 2007

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