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samedi, 26 mai 2007

je vois bien que si

on me dit "tu n'as pas changé"

et pourtant,

je vois bien que si

malgré tous les efforts que je fais

pour la sveltesse, l'enthousiasme

la peau

les fesses et le cerveau

 

imperceptiblement

 

ça change et ça bouge

comme une écorce terrestre

et le magma dessous

invisible et ses vagues chaudes


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jeudi, 24 mai 2007

ça m'agaze

je me suis brûlée l'avant bras il y a 10 jours

en sortant une plaque du four

décidément la cuisine et moi

c'est une chose impossible

 

bon la brûlure n'est pas grave

mais tout de même

j'ai mal

l'eau chaude de la douche ravive la plaie

ça cloque

ça suinte

c'est dégueu mais surtout

ça fait mal

 

et puis je suis douillette

je veux qu'on me plaigne

qu'on me dise des choses gentilles

mais non

rien

personne ne compatit.

 

une nuit, ça m'en réveille, tellement je sens

les braises se réveiller sous ma peau

et aller et venir 

exactement comme les feux artificiels  des foyers anglais

les fausses bûches dans l'âtre

qui rougeoientau rythme régulier

 

sous la compresse et les pommades

lentement

une croûte se forme

aujourd'hui je n'ai pas pu m'en empêcher

gratter un petit bout de croûte

et découvrir en dessous

la peau toute rose

toute neuve

la peau a travaillé en silence

dans son petit coin

 

 ça cicatrise...................

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mardi, 22 mai 2007

la revanche #1

c'est l'hiver

il pleut des cordes

mais je m'en fous

je veux mettre mes ballerines chinoises

"pas question " dis ma mère

 

j'enfile mes grosses pompes

mais en douce dans la véranda

je remets mes ballerines

et file sans mot dire 

en deux secondes j'ai les pieds gelés 

tant pis

je suis contente de mes pieds

contente de mon jean bien serré en bas

et de mes petties nattes qui longent mes joues

 

********************************* 

aujourd'hui sans penser à grand chose

j'enfile un jean bien serré en bas

et mes ballerines noires

tant pis s'il pleut.

 

 

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mardi, 15 mai 2007

c'est fou, nous.

je bois un café en terrasse

avec mon chien

je lis le journal

 

une petite dame vient vers moi

la cinquantaine

avec un appareil photo autours du cou 

elle me demande avec un fort accent étranger

"la rue des rosiers s'il vous plaît"

je lui indique le chemin

(j'adore expliquer le chemin qu'il faut prendre aux étrangers,

j'adore prendre en photo les jeunes couples devant la seine ou Notre -Dame) 

 

elle me dit alors en caressant mon chien:

"rue des rosiers, la meilleure croissanterie de paris!" 

 elle a les yeux qui pétillent.

 

je la regarde s'éloigner

son corps est bizarre

rectangulaire, trapu

des jambes tres courtes

un buste tres court

on dirait une grande naine

 

et elle s'en va vers ses croissants

toute seule dans son corps déformé

avec son air  gentil et gourmand

 

en sens inverse

passe en la frôlant sans la voir

une jeune fille longue comme une tige

cheveux longs et brillants

elle marche sur des coussins d'air

le contraste est saississant

 

c'est fou les gens

les corps les allures

c'est fou,

nous. 

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samedi, 12 mai 2007

un chapon, un violon

dîner de noël

encore noël

et ça revient tous les ans

 

je me creuse la tête

pour préparer un bon dîner pour tous

un truc qui cuit tout seul pendans des heures

pas de prise de tête 

de la musique en fond sonore

 une image d'épinal

des enfants tres sages

un sapin qui clignote

une odeur d'épices qui flotte dans la maison

 (ah les images d'épinal

putain d'images d'épinal

on nous a bourré le mou

c'est sûr)

 

moi et mon épinal

on descend mine contrite

chez le boucher d'en bas


 je prends la queue

tête basse

et décide de me lancer dans le chapon

sans trop savoir ce que c'est exactement

(un poulet doublé d'un plus gros animal,

une fusion entre la dinde et le coq?) 

 

bref, me voilà en train d'annoncer fièrement

"je voudrais un chapon"

première déconvenue:

il faut la préparer, la bête

lui garnir l'intérieur à grand coup de farce

et ça se commande, hé oui ma petite dame

 

va pour la préparation

je doit revenir tout à l'heure en fin de journée

 

un peu dépitée, je cuis quelques pâtes

valeur sûre pour un midi de Noël

au moins tout le monde sera content.

 

vers 19h, engourdie et abrutie

me revoilà chez le boucher

qui disparaît en arrière -boutique et me présente

fièrement

un énorme paquet

le chapon

 

je passe à la caisse

où l'on m'annonce l'air de rien

64 euros

je pense qu'il y a une erreur

ce n'est pas POSSIBLE que cette pauvre bête

soit farcie à l'or pur

je dégaine ma carte

en passant en revue

tous les magnifiques petit hauts 

que j'aurais pu acquérir

(au moins un)

pour ce prix qui me semble démesuré

scandaleux 

le prix du chapon.

 

puis, dégoûtée à jamais 

je fourre le bestiau en cuisine

assortie d'une gousse d'ail


tout le monde me regarde avec suspicion

quand j'enfourne l'énorme chose

dans le four trop petit. 

 

deux heures après 

on me lance des regards affamés

mais personne n'ose rien me dire

parce que ce chapon,

je ne veux plus en entendre parler

et il faudra le manger,

tout manger

même si ça prend des jours d'en venir à bout.

 

finalement

les fourchettes se délient

et le vin coule....

le chapon dans son arrogance

reste aussi volumineux. 


 

vivement qu'on ouvre les cadeaux. 

 

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jeudi, 10 mai 2007

aucune clé

on le sait bien pourtant

tout change et se transforme

le  mouvement est en marche depuis la nuit des temps

on le sait

tout le monde doit mourir

partir

tout s'achève évidemment

au bout d'une longue course folle

 

on le sait

on le sent

qu'on est un maillon  de cette chaîne

et que s'il faut donner un sens à notre vie

c'est là, debout sur le trottoir à marcher

un peu perdu

et parfois loin de tout

 

mais ça ne suffit pas

besoin de plus

besoin de relier les choses, les gens, les actes

de les nommer pour les comprendre

on le sait

mais on ne comprend pas tout

et ça nous révolte

de ne pas tout comprendre

tout embrasser

 

aucune clé

à

aucun mystère 

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jeudi, 03 mai 2007

spirit

 j'appelle quelqu'un ce matin

ça fait longtemps que je n'ai pas eu de ses nouvelles

et la personne me dit:

"oh c'est incroyable, j'étais juste en

train de penser à toi!"

 

je passe un autre coup de fil à un ami

qui me dit "oh c'est fou j'ai rêvé de toi cette nuit, 

et pile  tu appelles!"

 

les ondes émanent, voyagent,

invisibles

transparentes

avec la force du vent

 et parfois, on les entend

elles nous traversent.

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