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dimanche, 10 juin 2007

fétiche

fétichisme
 
je lave ma théïere blanche
comme un trésor
parce -ce que je l'ai achetée un jour de 1986
alors que j'attendais mon premier rendez vous avec J.
chez moi
 
chez moi
c'était une toute petite chambre de 7m2 
avec un horrible papier peint à fleur
que j'avais recouvert d'affiches punks
 
une chambre minuscule
sous les toits
au linoléum jaunasse parsemé de tâches indélébiles
 
une chambre où je ne faisais rien
juste dormir
rentrée de mes sorties nocturnes
jetée comme une masse
sur le canapé en skaï
jamais replié par pure flemme
pas pur aquoibonisme
 
quand les choses ne sont pas belles
à quoi bon,
à quoi bon
 
alors ce premier rendez vous
il devait venir boire le thé
j'avais honte de le recevoir dans cet endroit
j'avais fait le ménage
replié le canapé
ouvert la lucarne
 
j'avais acheté du thé en vrac
 2 petites tasses blanches
un crémier
et la théière 
le tout assorti
au BHV
 
et finalement
coup de fil
c'est la grève des transport
il ne viendra pas
 
le rendez -vous est reporté
 
je regarde ma théière
ma chambre immonde
et je me dis que c'est mieux comme ça
 
plut tard
on se donne rendez -vous avenue Mac -Mahon
 au café "le mac -mahon"
j'ai un manteau blanc en cashemere
très long 
que m'a tante m'a dégoté aux soldes privées de cerruti 
 
j'habite dans 7 m2
mais je porte un manteau en casheme
eh oui
 
on est là assis
il me passe son walkman pour que j'écoute une chanson
 comme je suis intimidée
je contrôle mal mes gestes
 
et vlan
 
je fous son walkman par terre 
d'un trop large revers de bras
je me dis voilà
je suis cuite
grillée comme une langouste
 
mais on descend ensemble l'avenue
 il sors un appareil- photo de sa poche
et me prend en photo
dans mon grand manteau blanc
 mois de février 1986
 
et aujourd'hui 
je lave ma théïère blanche ébrèchée 
 je repense à tout ça
à ce temps qui passe
et écrit nos histoires bizarrement 
un peu de traviole quand même.
 
 
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Commentaires

Moi, je n'ai plus rien de sacré. Tout cassé ou vendu ou éparpillé ; plus de regrets ! Je n'ai rien à laisser, à oublier ou à laver; je me dis que c'est mieux comme ça, que j'avance mieux sans tous ces paquets. J'aime plus la nostalgie du passé et des fois, j'aimerais tout effacer jusqu'aux souvenirs entassés, là. Ca fait moins mal d'avancer quand y'a plus rien, derrière soi, à regarder... C'est plus léger.

Ecrit par : Vie | dimanche, 10 juin 2007

J'aime bien l'idée du temps écrivant nos histoires de traviole et cette façon de se promener dans le temps et les souvenirs. A bientôt.

Ecrit par : Marc | dimanche, 10 juin 2007

eh oui le destin c'est assez etrange quand on y repense...... que notre vie serait si differente à tout niveau si on ne s'était pas trouvé la a ce moment la.... si comme prevu j'etais parti bossé en angleterre au lieu d'allez me prendre une pizza à emporter dans cette pizzeria de belle ile en mer(remember jil :) ce petit rien qui a tout declanché ou tout a commencé... a basculé.... mais bon il le fallait sans doute............. et puis on le regrette un jour puis l'autre on se dit que l'on est pas si mal ke ca puis les anées passent mais on n'oublies jamais..............mais si seulement..... je ne pense pas qu'il faille regretter les choses ou les choix que nous avons fait il faut juste en passer par là et puis la suite on verra bien en tout cas l'avenir proche c'est derriere la porte et j'espere de tout coeur que vous retrouverez la place qui vous est due chere JIL ma meilleure amie se marie sur votre version de "tu verras" au mois d'aout ca 'ma fait super plaisir quand je l'ai appris eh oui de toutes petites choses qui font un bien fou ............................... en tous cas MERDE pour demain je vous adore realy bizzzzz passez une bonne nuit kan meme @ tres vite P@trice

Ecrit par : guiheux patrice | lundi, 11 juin 2007

La terre, parait il, tourne un peu de traviole sur son orbite.
On s'ennuirait qu'elle dit, si tout était droit.

Ecrit par : Fishturn | lundi, 11 juin 2007

???
ah mais, hum...c'est le blog de Jil Caplan ?

Zut...je recommence: vous êtes Jil Caplan ???

Excellent...

J'adorais la voix de "tout ce qui nous sépare". Le jeune garçon que j'étais en étais tout ému...

Mon fétiche à moi: un simple ticket de cinéma...(un film lourd: Festen). Personne ne sait; mais il est là.

A+

Ecrit par : tock | lundi, 11 juin 2007

Les choses s'associent à nos vies, on les inscrit dans nos histoires. L'essentiel est si impalpable et fugace. Vivre l'instant et le revivre encore...
Je m'y essaierai demain, noyant ma tête parmi les autres...see you at 11...

Ecrit par : alexandra | lundi, 11 juin 2007

"Lèvres tremblantes, elle lui proposa une tasse de thé. Il accepta avec impassibilité. Guindée, les joues enflammées, elle versa du thé sur le guéridon, dans les soucoupes, et même dans les tasses, demanda pardon, tendit ensuite d'une main le petit pot à lait et de l'autre les rondelles de citron. Laine ou coton ? demanda-t-elle. Il eut un rire, et elle osa le regarder. Il eut un sourire, et elle lui tendit les mains. Il les prit, et il plia le genou devant elle. Inspirée, elle plia le genou devant lui, et si noblement qu'elle renversa la théière, les tasses, le pot à lait et toutes les rondelles de citron. Agenouillés, ils se souriaient, dents éclatantes, dents de jeunesse. Agenouillés, ils étaient ridicules, ils étaient fiers et beaux, et vivre était sublime. " Albert COHEN, Belle du seigneur

Ecrit par : isabelle | jeudi, 14 juin 2007

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