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vendredi, 15 juin 2007

la vie des bêtes#2

ça fait des mois

que je vois ce chow-chow tout roux

allongé sur le trottoir par tous les temps

 

il est là, ce chien

avec son poil crotté emmelé

gisant sur le bitume

comme un sphinx urbain

 

je pense que c'est le chien du libraire 

ou d'un autre commerçant

 

un jour je demande au jeune homme de la librairie

"il est à vous ce chien"

pas du tout, il n'est pas à lui

d'ailleurs il semble n'être à personne

puisqu'il a été recueilli de force  par un couple

qui ne veut pas de chien

 

alors le chow -chow reste là

sur son bout de trottoir

c'est une femelle

elle a quatorze ans

et elle passe ses derniers mois d'existence de chien

dans son poil d'ours

au milieu des jambes qui passent devant elle

qui la frôlent sans la regarder

 

le soir

le couple la fait monter dans l'immeuble

mais la laisse sur le palier

au pied de leur porte 

au matin, dehors, ouste le chien

 

alors tous les jours maintenant

en passant devant elle

je lui dis "chow-chow, ça va chow -chow,"

et je lui fait une longue caresse 


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Commentaires

Touchant (très bien écrit). Sincèrement.

Ecrit par : slc | vendredi, 15 juin 2007

Ils m'épatent ces animaux des villes qui y survivent avec indépendance et sagesse. Pas sûr qu'on s'en tire aussi bien que Chow-chow si on nous larguait chez elle...
Et Prune, pas trop jalouse?
Caresses aux deux...

Ecrit par : alexandra | vendredi, 15 juin 2007

Chow-chow must go on !

Ps : vous répondez plus à vos mails ?

Ecrit par : Vie | vendredi, 15 juin 2007

Vie,

Pas d'panique, moi j'suis là pour applaudir vot' commentaire, même si vous m' avez retiré les mots d'la bouche.
M'dame Jil Bardo est visiblement plus intéressée en c'moment par les Bambis et autres porteurs de fourrure qu'ses congénères. Il s'murmure même qu'elle envisage d' ouvrir un refuge pour tout'les pauvres créatures à quatre pattes.
Mais attention, ne nous laissons pas abuser, il s'dit également qu' elle a essayé par deux fois de s'débarraser de Prune pour s'la couler douce. J'ai des preuves.
Pas d'panique, j'suis sûr qu' elle reviendra vers ceux d'sa race très prochainement, elle est accro, elle n'peut s'passer des monstres appelés les hommes.

Ecrit par : Lourdeau | samedi, 16 juin 2007

Monstre ? moi j'aurai dit porc...

(tit coup de pub déguisé pour un article de chez moi, que j'ai commis en état de colère avançée).

Ecrit par : tock | mercredi, 20 juin 2007

il est clair que la monstruosité n'est pas forcément là où on l'attend forcément car la monstruosité domestique est vraiment une chose terrible que même un texte aussi joli et touchant ne saurait tout à fait dissimulé.Celà me rappelle inévitablement la chanson de renaud sur le chien de Mitterand que l'on refuse de laisser rentrer à l'église à la mort de celui ci ...il est vrai que dès fois plus on fréquente les hommes, plus on aime son chien (trés drôle chow chow must go on ,à retenir)

Ecrit par : regis pailhes | mercredi, 20 juin 2007

Les commentaires sont fermés.