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samedi, 22 septembre 2007

ça déménage

je déménage là:
 
 

et vous y lirez la suite....
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mardi, 11 septembre 2007

angoisses délices et orgues

je regarde les maisons dans le sud de la france
je pense à partir
c'est tentant et impossible
c'est pour ça que c'est tentant
 
je les regarde ces maisons dans la garrigue
je pense à la tranquillité
au calme
à la mer
au bonheur 
je pense aux choses si simples
si naïves
un plaisir simple du jour à vivre
  
aujourd'hui on me fait une demande
parler à la tv du bien-être
de mon institut de beauté préféré
de mon endroit de bien -être
 
et je réalise que je n'ai jamais mis les pieds en institut
que je ne me fais pas masser
que je ne suis jamais allée en thalasso
et que je coupe ma frange à l'occasion
avec des ciseaux de cuisine 
et que je ne sais pas du tout ce que je vais pouvoir leur raconter
 

 
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dimanche, 09 septembre 2007

oh le beau vaisselier

tout le monde est réuni
toute une famille
des soeurs, des frères
des maris, des enfants
 
je les regarde, je les écoute 
ils sont tous ensemble
moi je ne sais pas trop où me mettre là dedans
je n'y suis pas vraiment
et pourtant je suis là quand même
avec ma gueule, ma voix
je suis là
mais comme à côté
comme si je ne comptais pas réellement
 
je me sens inutile
transparente
j'essaye de ne pas trop parler
de ne pas interférer dans les conversations
alors je fume dans le jardin
je mets les assiettes à table
ou je débarasse
 
j'ai peur d'encombrer
je ne trouve pas ma place
je ne sais pas où me loger
ici
et ailleurs
 
d'ailleurs
c'est peut-être déjà trop tard
ou alors il ne faut pas y penser.
 
 
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vendredi, 07 septembre 2007

containers

 
 
parce qu'il y a des gens qui y arrivent
et parce qu'il y en a d'autres plus désarmés
parce que personne n'est égal
et qu'il n'y a pas de justice
 
parce que parfois
on n'y arrive pas 
parce que les autres sont une râpe sur la peau du bras
et qu'on est à vif
en sang
 
parce que les questions tournent court
et qu'il ne reste que des "c'est comme ça"
parce qu'on ne sait plus
et peut-être même qu'on a jamais vraiment su
et qu'on a fait semblant
tout ce temps 
 
parce qu' il a des jours où on est lourd
parce que les hommes sont lourds
lourds de leur propre poids
lourds de leur masse
 
oui c'est ce qu'emporterai sans doute
comme tant d'autres avant
et d'autres encore après
 
le poids de nos affaires
le poids de nos amours
 le poids de notre vie
 
 
 
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mercredi, 05 septembre 2007

le goût de la solitude

un matin d'il y a peu
je suis à une terrasse
avec mon chien
 
je suis arrivée à me glisser dans un rayon de soleil
le seul de toute la terrasse
j'ai le journal
et mon livre dans mon sac
 
j'ai envie que le café soit bon
que la cigarette soit délicieuse
j'ai envie de fermer les yeux
et de penser un court instant
que je suis bien dans ma peau
que tout va bien
et que la vie est belle
juste un court instant
pourquoi pas
 
alors un monsieur me demande l'âge de mon chien
puis son nom
il est anglais
alors il s'assoit à ma table
et me parle de son chien qui est mort
de son malaise ( à lui, l'anglais)
de son bref séjour à l'hôtel Dieu
de son ex femme
de ses enfants
de son métier dans la banque
                                                                            à londres
 
c'est un peu long
et je n'ai toujours pas lu une ligne de mon journal
alors une dame assez âgée
me demande où se trouve la place des vosges
puis regarde mon chien
le caresse
me demande son âge
son nom
et tout de go
me sort une photo de son chien 
qui est mort
 
finalement elle s'en va
et l'anglais me dit
"elle savait où est la place des vosges
mais elle avait envie de parler de son chien
et de montrer sa photo" 
 
(oh did she?)
et il continue à me raconter sa vie
sa maladie
sa douleur
 
puis je rentre chez moi 
avec mon chien 
mes cigarettes
le goût du café
et un autre goût
plus rude
dans la bouche.... 
 
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dimanche, 02 septembre 2007

blind test

l'autre jour
assise paisiblement à mon bureau,
en train d'écrire je- ne -sais- quoi
il arrive derrière moi
et m'enfourne dans le bec
une chose froide et humide
au goût légèrement salé
 
l'esprit ne sait pas ce qu'il reçoit dans la bouche
et tout de suite
je pense à un doigt coupé
  
c'est en fait un cornichon
 
j'adore les cornichons
mais tout à l'heure
en voyant le pot
je repense à la sensation de dégoût
reliée au doigt mort
irrémédiablement associée à un cornichon.
 
Fini pour moi les cucurbitacés.
 
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